American Son

American son

Attention spoiler

« American son » est un film d’1h30 qui se déroule dans une pièce d’un commisariat vide, maussade, sale, c’est la nuit et il pleut.

1′ Le film commence, Kerry Washington apparaît au naturel, elle est au bout de sa vie… Elle s’impatiente, son fils Jamal a disparu. Un policier blanc entre en scène, à la cool, il est détendu. L’opposition noir VS policier blanc est posée.

1- Les clichés

7′ Le racisme commence doucement lorsque le policier demande plusieurs fois si le jeune noir qui a disparu a un casier judiciaire, les réponses négatives de la mère ne le convainc pas. Il demandera par la suite si Jamal a un blaze (« un nom de rue » si je cite le film).

10′ Le policier continue son questionnement, cette fois sur le physique et demande si Jamal a un style vestimentaire particulier, des tatouages ou une dent en or. Kerry Washington décrira son fils comme un jeune homme grand de taille, avec des tresses et les yeux verts clairs, notez l’étonnement du policier. (Bon j’avoue cela m’aurait aussi étonnée, mais dans le bon sens du terme). Kerry Washington s’énerve et ajoute que son fils est un auditeur de blues et de rock (et non de rap), il est végétarien (il ne mange donc pas de poulet). Tout ceci pour déconstruire les clichés.

24′ Le policier, officier Larkin, décrit la mama comme une femme enragée, lunatique qui passe de « Zéro to ghetto » (en VO), alors que son fils a disparu . Il n’y a aucune raison de faire le lien avec le ghetto. Les noirs ne viennent pas tous du ghetto et tout les gens qui habitent dans un ghetto ne sont pas forcément des personnes enragées.

78′ Le père insinue que pour ne pas avoir de problème, quand on est un noir priviligié, il ne faut pas traîner avec d’autres noirs, ne pas mettre de baggy, parler correctement, ne pas avoir « une coupe du ghetto ».

2 – Le prénom

Le policier se trompe et nomme le fils Jérome au lieu de Jamal (ce n’est pas compliqué pourtant).

3 – L’histoire

21′ La minute culture sur la ségrégation et les Big Six, grâce à cette scène on se rends compte que le policier ne connaît pas l’histoire, alors que cette trace est dans le commissariat dans lequel il travail. On peut aussi ce demander si le fait que cette trace soit encore présente n’influence pas les comportements. Nous pouvons aussi nous demander pourquoi les traces de la ségrégation sont encore présentes dans un commisariat en 2019. A noter que Kerry Washington s’est directement dirigée vers la fontaine pour noirs (la plus petite bien sur !) même si au final elle ne boit pas d’eau.

4 – Le métissage

23′ Un personnage apparait tel un pokemon, un homme blanc et là, fait très surprenant (ou pas), le policier balance pas mal d’information sur la disparition de Jamal, des informations qu’il détient depuis un moment et qu’il n’a pas divulgué à la mère. Je tiens à préciser que le policier blanc ne connait pas l’identité du nouvel homme blanc qui s’avère être le père de Jamal. Mais on devine aisément que si ce nouvel homme avait été un noir, le policier aurait plus facilement fait le lien avec Jamal.

100′ En faisant un point sur les sujets sur lesquels ils sont d’accord, Kerry Washington montre que malgré les différences de couleur de peau, d’origine, de culture d’éducation … Les points communs sont existants.

104′ Mini monologue sur toute la partie psychologique lié au métissage et au rejet d’une partie de ce métissage

5 – La culture

30′ S’ensuit une scène de dispute très inutile, sur les clichés. Puis une scène sur la différence de culture (Irlandaise VS « noire »), sur la différence physique, sur la différence d’éducation, sur la quête d’identité. Sur le fait que l’idendification d’un père envers son fils (et inversement) puissent être difficile car ils ne se ressemblent pas (un père blanc qui s’appelle Scott a un fils noir avec un prénom arabe) .

74′ Le père fait un raccourci incroyable entre le style vestimentaire, les baggy, les tresses et O.J Simpson. Pourquoi O.J Simpson ? En gros c’est « chassez le naturel et il reviens au galot », Simpson était un sportif de très haut niveau, riche et célèbre qui a été soupçonné d’avoir tué sa femme (blanche).

115′ Le rap serait il responsable de la haine des gens de banlieues envers la police ?

6 – Black Lives Matter

17′ Kerry Washington pose enfin le plus gros du problème (pour ceux qui n’aurait pas compris depuis le début) ce n’est pas seulement un fils qui a disparu, mais un fils noir !!! Et lui en tant que policier blanc (qui a 2 petites filles blanches) ne peut absolument pas comprendre l’inquiétude d’une mère noire.

83′ Elle relate ensuite qu’elle fait des cauchemars qui contiennent des nœuds coulants, le KKK, des croix en feu.

83′ Elle mentionne aussi qu’elle a refusé que son fils aille dans le « Deep South » avec un blanc. Par rapport à ça je vous conseille le film « Green book » avec Mahershala Ali.

85′ Le film fait référence à Rodney King en mentionnant les violences policieres, elle mentionnera par la suite (93′) d’autres victimes et l’impact que cela peut avoir sur son fils, sachant que le père est agent du FBI, il y a donc un affrontement très clair, le fils métis est obligé de choisir un camp ce qui ne plaît pas du tout au père (blanc et policier) .

89′ Après une enième dispute, toujours sur les violences policieres, où le père (agent du FBI) dit sans (96′) scrupule qu’un simple autocollant avec inscrit « Shoot the cops  » (jeu de mot, car « shoot » peut-être utilisé comme signifiant « tirer au pistolet » ou « filmer avec son téléphone » ) peut s’enerver.

97′ Kerry Washington fait remarquer qu’on apprends au noir comment se comporter face à la police, sur ce point là, je vous conseille le film  » This is us » .

Une autre subtilité c’est le père qui après l’annonce du décès de son fils va dire « I can’t breathe ».

7 – Les policiers noirs sont-ils des traîtres ?

108′ Là au bout d’1h08 de film un autre personnage débarque tel un autre pokemon, cette fois-ci c’est un homme qui semble être noir (pour moi, il a plus l’air d’un latino, à première vue), très arrogant, sans compassion et dans l’exagération. Ce comportement est peut-être representatif des policiers d’une manière générale. (114′) Qui va totalement prendre la défense des policiers, du métier de policier et de la pression qu’ils supportent. Qui va lui même faire des raccourcis (noir = voyou), qui dit que les noirs doivent être soumis aux policiers et fermer leurs bouches pour éviter Les problèmes. Zéro compassion, zéro tact face à un couple qui cherche leur enfant.

126′ Il reviendra pour annoncer entre autre avec une froideur sans nom, que Jamal a pris une balle dans la tête.

« Race is the child of racism, not the father « Ta-Nehisi Coates.

Il y a des choses que je n’ai pas relevé, l’article est assez long comme ça. Les sujets traités sont intéressants mais je pense que la mise en scène est moyenne. Il n’y a pas d’action et beaucoup trop de dispute.

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